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La boîte à secrets

Les ragots de Lakeview ◗ voir le sujet

De ANONYMOUS
Je me demande souvent la logique de suivent les gens. Ils le savent pourtant qu'il est dangereux ce W alors pourquoi le provoquer avec leur réunion ?! C'est ma voisine qui m'en a parlé, elle a prévu d'y aller... Je pense vraiment que c'est une mauvaise idée. W risque de venir y faire un tour, c'est sûr !
De ANONYMOUS
A ce qu'on dit par chez moi, le jeune Foster aurait plusieurs petites amies. J'sais pas si c'est vrai mais c'est moche pour ces filles. Malgré tout, bien joué mon gars !
De JANE J. WELLINGTON
La petite nouvelle, Rebecca Hobbs, c'est un foutu spectacle à elle seule, bordel qu'elle me fait rire.
De MAXIMUS GOOD
D'abord il gifle les gamines, maintenant il hurle tout seul. Pas qu'entendre Tyee le sauvage brailler me dérange, mais ces espèces de grognements en russe, en finnois, je ne sais pas, ça commence à me les briser. S'il a le mal du pays qu'il rentre chez lui, ça fichera la paix à tout un quartier.
De TYEE H. L. DAENDELS
Ce que... C'est absurde ! Lizbeth est une amie, rien de plus, et je... Je voulais la voir. La nuit, en pleine rue. Il n'y a pas besoin d'un lieu pour trouver les gens à qui l'on tient.
De JOSH WILLIAMS
Si vous saviez tout ce que Anton entend et voit chez les Spencer. Le petit Chatwood il s'entend trop bien avec le nouveau locataire, ça l'air et il a vu des trucs dégueulasse, mais il a pas voulu m'en dire plus. Et c'est sans parler des engueulades entre la fille Spencer et ce sournois de Chatwood. Anton a du les séparer, mais il m'a dit qu'elle a une solide droite la fille de l’éleveur.
De MEREDITH LANDER
Si vous voulez mon avis, ils n'auraient pas du expédier la petite Chatwood chez les Spencer. Ils ont plus de 70 ans, c'est pas possible de laisser une telle furie chez de si braves gens. Rose voit tous les jours comment ils se font rabrouer par le fille.
De JOYCE RIPPER
Vous savez, celle qui se balade en limousine ? Ben je l'ai vu main dans la main avec le p'tit Chatwood. C'est quand même horrible, c'est la femme de l'autre Chatwood.
De HEATHER SPENCER
Quoi ? Comment ça je suis sexy en dessous érotique ? Non, j'ai rien fait de sexuel à Lizbeth... à part en parler...
De LINUS CHATWOOD
Quoi ? Lady en dessous affriolant ?

intrigue n°3



 
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 Déliés. {Penny}

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Tyee

Tyee H. L. Daendels
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MessageSujet: Déliés. {Penny} Dim 21 Juil 2013 - 21:21


Déliés.
La lune est le soleil des statues. ━ Jean Cocteau.

- Vous devriez prévenir, à partir d'aujourd'hui. Ce n'est ni confortable pour vous, ni pour votre petite amie, ni pour nous. Et vous avez sans doute autre chose à faire que prendre un lit aux urgences pour dormir. Oui, parce qu'on n'allait pas vous charger en réa, vous transporter ailleurs alors que vous n'alliez rester qu'une nuit. Vous savez combien de temps ça nous a pris pour vous hisser dans l'ambulance ? Parce que des gabarits comme le vôtre, ça ne se croise pas tous les jours. Pareil, pour trouver une tenue à votre taille, vous avez eu de la chance, monsieur. C'était la plus grande qu'il nous restait. J'en profite aussi pour vous dire que votre traitement a été changé par le médecin qui vous a pris en charge. Il a été sensiblement alourdi, vous verrez, mais le résultat devrait convenir. D'après votre amie, vous êtes resté endormi plus d'un quart d'heure. Combien dure vos crises, la plupart du temps ? Une ou deux minutes ? Aviez-vous bu ? Cela ne vous réussi pas. Évitez les concerts pendant un temps, et restez tranquillement chez vous pour...

Les gens de la ville parlaient trop. Beaucoup trop.
La soirée de la veille n'était pas tout à fait nette. Les moments d'absences n'étaient pas très longs, suffisamment pour l'inquiéter. Une petite amie. Il n'avait pas de petite amie. Pas d'amis en général. Pas de proches. Personne. Certainement pas une petite amie. Cette femme avait eu ses raisons pour mentir. Il s'en souvenait. Se souvenait de son visage, d'un nom qui ne comportait pas de -a. Il n'aimait pas ce son. Pas de raison particulière. Il ne l'aimait pas, simplement. Elle était blonde. Un blond platine naturel, à n'en pas douter. Elle avait la peau d'un ange. Douce, immaculée. Supposée, il ne l'avait guère touchée. Sa mémoire lui jouait certainement des tours. Il n'y avait aucun moyen pour qu'il l'ait touché. Aucun. Il l'imaginait ainsi, car elle ne pouvait l'être autrement. C'est tout.
Assis sur le lit, il pensait. Le discours de l'aide-soignante avait été abandonné depuis longtemps déjà. L'alcool ne lui réussissait pas, c'était à présent une certitude. Son estomac avait rendu le peu qu'il avait réussi à avaler avant le concert durant la nuit, sa gorge brûlante d'une âcreté peu commune. Il n'avait aucune idée de ce qu'il avait choisi. Il ne se souvenait même plus s'il avait réellement eu le choix. Plus d'importance. Le mal était fait, et sa petite amie présumée n'allait pas tarder à venir le chercher. Si la trentenaire de mauvaise humeur lui tournait le dos, c'était pour qu'il s'habille. Le personnel masculin était parti en intervention, ne restait plus que les femmes pour assurer son départ. Il y avait encore plus gênant. À ce qu'il avait entendu d'une discussion entre deux femmes devant sa porte alors qu'il somnolait, elles avaient du le déshabiller entièrement. Tyee s'était senti mal. Pour elles, puis pour lui. Parce qu'on l'avait dénudé. Parce que la tenue d'Adam lui allait mal. Qu'elles avaient pu voir les stries dans son dos. Les honteuses. Et qu'elles en avaient parlé entre elles, lorsqu'il ne s'agissait pas de son intimité. Sa lèvre inférieure souffrait de sa morsure lorsqu'il y repensait. Il avait horreur de cette ambiance. De cette odeur trop aseptisée pour être agréable. Il fallait partir. Vite.

Les New Rock étaient trop lourdes pour lui, et il ne rêvait que de rentrer chez lui. Le médecin s'était entretenu avec lui dans la matinée, tentant de le convaincre de le garder en observation, en vain. Il voulait rentrer. Se mettre pieds nus, s'allonger dans la forêt. Qu'il pleuve. Ou se baigner. S'immerger, ne plus respirer, tenter la mise à mort du corps et se sauver in extremis. La faim ne l'inquiétait pas. Le sommeil non plus. Il était toujours épuisé, de toutes façons. Il suffisait de retourner dans la cabane. Dans son univers. Lire, écrire, retrouver son intimité. Uniquement cela. C'est tout.

- Monsieur Daendels ?

Rentrer. Être seul. Ne plus jamais sortir. Ne plus jamais boire. L'oublier. Oublier ce qu'il a bien pu faire. Oublier.

- Monsieur Daendels ! Vous êtes là ? Vous m'entendez ?

Sursaut. Hochement de tête approbateur. Il allait s'excuser, pour la cinquième fois depuis qu'elle était entré dans la pièce, mais elle le coupa en invectivant l'ordre de se lever, acte qu'il exécuta sans discuter un seul instant. Elle écorchait son nom de famille copieusement, il en souffrait moralement. Un détail qui lui rappelait qu'il n'était pas d'ici. Ses quelques affaires furent rapidement rassemblées. Dans ses poches un portefeuille, les clefs de chaumière, son téléphone, sa place de concert. Il viderait ledit portefeuille une fois rentré, pour tenter de recouvrer les souvenirs envolés. Timidement, il sortit de la pièce, suivant le chemin largement tracé de l'aide-soignante devant lui. Son souffle était faible, ses pas discrets. On ne l'entendait pas, on ne faisait que le voir. Des résidus de khôl autour des yeux qu'il n'avait pas démaquillé, un maillot noir uni, déchiré au niveau de l'abdomen pour quelque obscure raison, un des rares pantalons à sa taille, et les M.202-C2 qu'il était allé chercher sur-mesure tant il y tenait. La plus chère de ses possessions. Il ne pouvait passer inaperçu, de base. Il ne faisait rien pour ne pas diriger l'attention sur lui. Il aurait été mort de honte. Il mourrait d'envie de connaître la fin de la soirée d'hier, à cet instant. Se moquait des regards. On l'avait toujours regardé, on continuerait de le faire. Son regard à lui, il serait rivé sur sa nouvelle promise. Sur sa belle.
On lui annonça qu'elle l'attendait dehors. Après quoi, on lui demanda s'il était content de pouvoir la revoir.

Son sourire crispé nourrissait le sol. La tête n'osait se relever, les yeux fuyaient le genre humain. Il les gardait souvent fermés. La lumière les lui brûlait. Inextricablement. Son pas ralentit, ses doigts s'enivrèrent du contact avec son téléphone. Messages. Rien. Appels. Elle. Deux fois. Il venait de se réveiller lorsqu'elle avait appelé la première fois, sans laisser de message. Elle avait tout de suite rappelé. Il ne lui avait jamais laissé son numéro. Il ne pouvait pas l'avoir fait. Son crâne menaçait d'exploser, l'aide-soignante revint le chercher, attrapa sa main. Comme un réflexe, il rétracta son bras. On ne le touche pas. Haussant les épaules, imperceptiblement déçue pour l’œil qui n'est pas avisé, elle lui demanda de le suivre, qu'elle avait du travail. Elle le conduit jusqu'à l'entrée, la salle d'attente.

Lorsqu'il daigna ouvrir les yeux, péniblement, il lui sourit.

- ... Bonjour Penny.


I know. I’m very hard to talk to. I realize that. — J.D. Salinger.



Dernière édition par Tyee H. L. Daendels le Lun 13 Jan 2014 - 9:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Déliés. {Penny} Lun 22 Juil 2013 - 18:02



Ft. Tyee H. L. Daendels


❥ Déliés.
« Bonjour Atlanta, il est six heures, trente minutes et vous êtes sur le bon canal. Tout de suite, cinquante minutes de musique non-stop mais avant cela, le point sur la météo de la jour... »  Dans un ronchonnement endormi, une main s'abattit sur la radio qui venait de gâcher son rêve. Le corps emmêlé dans un enchevêtrement de draps, Penny tenta de retomber dans les bras bien heureux de Morphée, ne renonçant pas à ses deux minutes de sommeil restantes. Malheureusement pour elle, la truffe qui vint lui chatouiller l'avant-bras lui fit comprendre qu'elle n'avait plus aucune raison de dormir et que surtout, on ne la laissera pas continuer sa nuit. Réveillée, plus alerte, elle repoussa d'un mouvement rapide les draps qui la préservait de la fraîcheur et commença machinalement ses diverses rituels matinaux. La cafetière mise en route, la gamelle du chien remplie, les vêtements du concert de la veille jonchant le sol récupérés... Le concert de la veille ?! Totalement réveillée sans même avoir eu à faire passer le doux nectar d'un café par ses lèvres, la jeune femme partit en quête des vêtements du jour, un gâteau sec en bouche. Chemise, jean, chaussures montantes peu pratique dans le métier mais  ont elle ne se séparait pas et veste formelle. Une journée de travail l'attendait mais avant cela, elle avait dans l'idée de d'appeler le jeune homme d'hier soir, Tyee, qui lui avait fait une belle frayeur. Et dire que pendant un instant, à son réveil, elle avait oublié les événement de la veille. Coiffée rapidement, les cheveux tombant mollement sur ses épaules, Penny se regarda une fois dans le miroir, grimaça. L'image reflétée n'avait rien pour lui plaire. Trop petite, trop maigre, trop blonde, trop pâle. Puis elle haussa simplement les épaules. Qui s'en souciait à part elle ? Chaque homme ou femme qui la voyait la considérait comme un joli brin de femme alors qu'elle, ne voyait que ses défauts. Pourquoi donc se faire du soucis avec tout ça. Elle avait bien d'autres choses à faire que de se montrer matérialiste, tirée à quatre épingles, irréprochable. Son travail passait avant le reste et l'être humain, aussi inconnu lui était-il, avant elle-même. En s'engageant dans la voix de la justice et du respects des lois, elle avait accepté de faire passer le bien-être des autres avant le sien. Et c'était quelque chose qui lui convenait tout à fait.

Prête à sortir de chez elle, Penny offrit une caresse à son fidèle chien et composa le numéro d'un collègue. Ce n'était pas dans ses habitudes de communiquer ainsi avec eux mais un service étant un service, celui-ci lui en devait un depuis qu'elle avait accepté de faire sa paperasse en retard en plus de la sienne. « Eh, c'est Ribbs. Je peux te demander de me trouver un numéro de portable pour dans … trente minutes ? » Elle entendit l'autre soupirer à l'autre bout de l'appareil et elle l'imaginait déjà se démanger l'oreille, signe d'une grande hésitation et d'une certaine crainte chez lui. « C'est pour une affaire. » Mensonge. Mais c'était pour la bonne cause. Elle ne voulait tout simplement pas débarquer à l'improviste et jouer un rôle qui ne lui revenait pas. Certes, la jolie blonde était soucieuse mais jamais elle ne se serait invitée dans le but de s’enquérir de la santé d'un inconnu ou quasi-inconnu. Penny préférait s'annoncer avant toute chose et le téléphone était encore le moyen le plus rapide de se prononcer. « Penny ? » La jeune femme reprit sa marche, raffermissant la prise sur le téléphone. « Oui. » Simple signal de sa présence, elle sortit ses clés et ouvrit son véhicule avant de s'y engouffrer, le téléphone toujours posé sur l'oreille. « C'est à quel nom ta recherche ? » Son nom. Tyee. Bravo Penny … allez, qu'il y avait-il d'écrit sur ses papiers lorsque tu as ouvert son portefeuille ? … « Tyee Daendels. » C'est bien.  C'était tellement bête. La jeune femme avait songé à regarder son nom, son adresse et même certaines données biographiques mais elle n'avait pas pris le temps de cherche un numéro auquel le joindre. Bel oubli. « Tu auras le papier sur ton bureau à ton arrivée. » Il raccrocha l'appareil sans plus de formalité et Penny fit de même, démarrant rapidement.

A sa décharge, oublier de noter son numéro avait été plutôt facile lorsqu'on se remémorait la soirée d'hier. Un concert percutant où les vibrations demeuraient encore gravées dans sa mémoire. Tyee, proposant aimablement de lui permettre de voir les artistes en se hissant sur ses épaules. Un premier refus. Puis une Penny timide demandant si l'offre était toujours valable. Un moment agréable et électrifiant à apprécier la musique et le mouvement du groupe sur scène qui rendait tout encore plus vivant, vrai et dynamique. Il y avait eu ensuite le grand final et la proposition de la demoiselle pour un verre. D'abord pour le remercier de sa gentillesse et bien sûr, puisqu'elle ne perdait jamais de vu ses objectifs, pour tenter de l'entraîner jusque dans sa chambre une fois la soirée achevée. Aussi innocemment qu'elle lui avait proposé cela, elle l'entraîna à boire quelques verres, peut-être trop. Peu à l'aise, il avait paru déstabilisé et ne pas être dans son élément. Il avait bu autant qu'elle mais l'habitude sans doute, elle ne s'était pas aperçue que c'était le verre de trop. Elle l'avait vu partir et tomber. C'était une certaine peur qui avait pris possession d'elle à cet instant. Était-elle tout d'abord responsable de son malaise ? Puis, y avait-il quelque chose de plus grave qu'un simple étourdissement ? Elle l'avait cru pendant quinze minutes, quinze longues minutes où elle avait eu l'impression d'avoir la vie d'un presque inconnu entre les mains. Déstabilisant. Effrayant.

Effrayante fut l'embardée que la jeune femme du faire pour éviter une voiture. Trop prise par ses souvenirs, elle avait commencé à conduire machinalement, sans réellement prendre garde. Les locaux du fbi lui apparurent et elle gara sa voiture en double file. Elle ne comptait pas rester de toute manière. Elle grimpa les marches, trottina jusqu'à son bureau, se saisit du bout de papier qui l'attendait, fit un signe de tête à celui qui venait de lui rendre service et repartit aussitôt. Elle s'engouffra dans sa voiture en trombe et fit taire la petite voix dans sa tête qui lui signalait qu'elle était en infraction. Le téléphone en main, elle composa le numéro. Et attendit. Le répondeur prit le relais et elle raccrocha. Ce n'était pas son genre de laisser un message. Peut-être n'avait-il pas envie de répondre. Peut-être était-il encore entrain de subir des examens. Peut-être était-il arrivé trop tard auprès du téléphone pour répondre. Dans le doute, elle tenta une seconde fois. Savait-il que c'était elle qui appelait ? Se souviendrait-il seulement d'elle ? L'alcool, le malaise, la nuit, tout cela étaient des raisons censées pour qu'il l'est oublié. En pleine interrogation, elle ne reporta son attention sur la sonnerie qui raisonnait à son oreille que lorsque le bip de la messagerie fit son entrée. C'était à elle de parler. Un message, une idée, vite. « Euh...Tyee, c'est Penny. » Mais encore ? S'il ne se souvenait plus d'elle, il ne se souviendrait sans doute plus de son prénom. « La fille qui... qui a fini sur tes épaules au concert. Je voulais juste savoir comment ça allait et euh … je suis désolée, pour hier soir. Alors voilà. Bye. » Ce qu'elle pouvait détester laisser un message, elle avait la sensation de dénaturer le sens même de ses mots. Il allait la prendre pour une femme désespérée et ridicule, à tous les coups. Oh et puis zut ! Elle était signalée comme étant sa petite amie, elle pouvait bien passer à l'hôpital pour s'enquérir de la santé de son compagnon ! Le médecin trouverait ça normal et lui dirait sans doute tout. Résolue à savoir ce qu'il était advenu du beau jeune homme de la veille, Penny reprit la route de Lakeview.

Le téléphone sonna. Décidément, c'était la journée de la communication. Certaine d'être exempte du respect des lois de part son statut d'agent fédéral, la jolie blonde répondit tout en gardant le cap, direction l'hôpital. « Mademoiselle Ribbs. Ici l'hôpital de Lakeview. Le médecin de garde souhaite que vous veniez récupérer monsieur Daendels à sa sortie. Il serait préférable qu'il soit accompagné, au moins pour regagner son domicile. » Cette femme lisait dans ses pensées. Affirmant qu'elle y serait et viendrait le chercher une fois la décharge signée, Penny raccrocha.

L'attente lui parut interminable. Elle qui ne possédait aucune patience, cette attente, en plein soleil assise sur le capot de la voiture, sembla durer bien plus de quelques minutes. Enfin il apparut. Elle sourit simplement et se dirigea vers lui, entrant jusque dans la salle d'attente. Il se souvenait d'elle, de son prénom. Elle sourit d'avantage et le guida jusqu'à la voiture, grimaçant finalement à l'encontre de l'aide-soignante qui surveillait son patient de loin. « Beaucoup d'émotions pour une soirée. Je te reconduis chez toi ? » C'était plus une question de formalité qu'autre chose. Bien sûr qu'elle le reconduisait chez lui. Penny ne savait pas débuter une conversation et jugeait de toute façon qu'un « bonjour » aurait été de trop étant donné le peu de « bon » qu'avait amené cette journée.



©️ code de night sky. gif de tumblr.


Spoiler:
 


Dernière édition par Penny E. Ribbs le Jeu 5 Sep 2013 - 11:35, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Déliés. {Penny} Mar 23 Juil 2013 - 1:01


Déliés.
Les cœurs les plus proches ne sont pas ceux qui se touchent. ━ Proverbe chinois.

Il ne pleuvait pas.

Les adieux furent brefs. Les yeux qui se ferment, un maigre sourire, la tête qui bascule à peine. Des rudiments, car le plus court est le plus supportable. Son attention toute accaparée par sa compagne. Souvenir fade d'une telle créature, pour lequel il se maudissait. Elle était si petite, davantage que dans ses réminiscences étiolées. Les quelques secondes en sa compagnie suffirent à rendre sa mémoire intègre en ce qui concernait son minois de sainte. Sans avoir à la mirer, il pouvait sentir ses cheveux dénoués lui frôler les reins une fois sa tête penchée vers l'arrière, ses iris pastels se fondre sous les paupières fardées d'une poudre légère, sa nuque difforme, quémandant effluves et souffles condescendants, la caresse de ses doigts fins sur son derme d'opale, les cristaux dans sa voix et les perles sur ses ongles. Tout ce qui lui manquait pour perdre son statut d'humain au profil de l'angélique, c'était un sourire. Du plus profond de ses entrailles, son sourire n'était pas brillant. Pas comme il aurait du l'être. Vocifère, crucifère. Parjure. Ce n'était pas un sourire. La fraction de seconde qu'il accorda à ses yeux pour contempler la poupée avant de les sentir replonger dans l'obscurité ne suffit pas à le combler. Un pli de bouche, au mieux. Il n'y avait aucune sincérité. Un sourire à fendre le cœur. Son égale. Son reflet.

Un mètre soixante-dix, la marge d'erreur restant élastique, la faute au poison édulcoré qu'il sentait encore dans ses veines, dans ses tempes. L'humanité avait un don pour trouver des instruments de torture, il était tombé sur le plus fourbe et le plus courant de tous. Lorsque les mains sur son visage ne suffirent plus à altérer la force de la lumière, elles s'esquivèrent dans ses cheveux, cédant avec plaisir leur fardeau à ses coudes. Rien à faire. Il faudrait attendre que le point de pression qu'était son encéphale daigne faire cesser ces étreintes lascives et clairement handicapantes. Tous les jours, il se maudissait d'être si près du soleil. Aucune protection ne pouvait faire la différence, et quand bien même elle la ferait, il n'était pas créature à supporter les accessoires sur sa tête autre qu'une capuche. Il faisait chaud. Horriblement chaud. Un effet secondaire, éventuellement, mais surtout l'évidence qu'il faisait beau, en Géorgie. Et qu'il ne pleuvrait décidément pas.
C'était décidé. Une fois rentré, il irait s'échouer comme un baleineau désorienté sur les côtes moindres du lac. Il y avait une source magnifique, terrée plus profondément dans la forêt, où les animaux aimaient à venir s'y désaltérer. Bien loin du tumulte de la présence humaine, un endroit où le bruit de la cascade était le seul son perceptible si l'on faisait l'impasse sur les ondulations lubriques à la surface de l'eau. Le plus beau reflet qui puisse être. Sans doute que si elle s'y contemplait, la conscience salutaire s'ouvrirait à elle et alors il serait évident, pour elle...

« Je te reconduis chez toi ? »

Non. Maintenant ?
Si vite... ?

Il n'y avait plus de notion de temps. On était le matin. Normalement. Le début d'après-midi, quand bien même il perdait la tête le temps continuait de s'écouler à l'identique. Il devait être à Atlanta, à cette heure. Quel jour... ? Referme les yeux. Ce n'est pas le moment. Être reconduit. C'était bien pour cela que l'hôpital l'avait appelé. Le ramener chez lui, juste cela. Uniquement cela. Elle était garante depuis l'incident. Toujours de vagues débris dessinés loin derrière lui, et il n'avait aucune envie de tourner la tête. La chaleur était bien trop étouffante. Le raccompagner, et le laisser devant sa maisonnette morose, grise et brune, ruine sylvestre au milieu des pavillons rutilants. Rien ne l'y attendait. Des livres, des lignes, un téléphone fou qui n'aurait de cesse de lui rappeler son absentéisme, par pur sadisme. De l'ombre et la brume qui s'échappe de la théière. Il pourrait toujours tenter de chasser dans cet état. Peut-être qu'une flèche perdue attendrait un dragon migrant vers l'Afrique pour l'hiver et qu'il pourrait se repaître de sa chair et garder ses écailles pour s'en faire une armure. On plaiderait la chance du débutant, lui offrirait un séjour tous frais payés dans une chambre luxueuse, capitonnée, fermée à clefs avec en cadeau une camisole de force en coton d'Egypte. Quelle extravagance.
Non. Elle pouvait rester avec lui. Ils iraient au bord de l'eau, dans la forêt, et il lui montrerait son reflet. Elle aurait de quoi se trouver belle, séduisante, reconnaître les erreurs du passé, se les pardonner, s'admirer davantage, et elle sourirait. Elle illuminerait les arbres et réchaufferait la terre. Le soleil l'aiderait. Pas besoin de pluie, finalement. Juste son sourire pour apporter la paix aux cœurs. Elle était belle. Pas physiquement. Pas mentalement. Il y avait des choses qui étaient unanimement belles. Leur fondation était belle. Leur histoire. Leur contenu. Leur symbolique. Leur enveloppe. Des choses qui restaient unanimement belles. La mystique, la diaphane en faisait partie. Ne restait que l'ébauche d'un sourire à encrer.
Leurs pas les emmenèrent auprès de voitures. Pour la plupart, des voitures chères. Basses. Sportives. Une jolie farce que voilà.

- ... S-s-seulement si les sièges sont réglables.

On ne prenait pas que les avantages à être un géant. On ne pouvait passer partout, et les voitures constituaient une difficulté supplémentaire à la vie de tous les jours. Non seulement par rapport à la hauteur, mais aussi à cause de la place dont pouvaient disposer ses jambes. Des critères précis, qui lui permettaient de ne pas passer ses trajets recroquevillé, ou contorsionné de manière plus ou moins probable. Il y a plusieurs années, un artisan menuisier s'était plu à le taquiner en lui promettant qu'il ne dépasserait pas les deux mètres dix. À un centimètre près, cet homme avait raison. Des mots dont il n'oublierait jamais le timbre, le léger éraillement dans la voix, la portée. Tyee avait toujours jalousé ce pouvoir. L'élocution avait eu un tel pouvoir de persuasion que son corps lui avait obéit. Pourquoi pas un esprit.
Il sentait son regard se poser sur lui, longuement. L'ardeur s'estompa, l'air redevint respirable, et il ouvrit les yeux, laissant ses membres supérieurs se relâcher. La tête arquée, d'origine, vers elle. Dévorant ses yeux plus que nécessaire. Arrête avec ça. Ton clan aurait pu être cannibale, et leur sang étranger coule dans tes veines. Les yeux s'affaissent, remontent. Croise son visage angevin. Pas tout seul. Pas maintenant.

- ... Et nous pouvons aller chez v-v-vous, ma douce.

Un baisemain, maladroit, s'imposait. Une paume délicate, qu'elle n'aurait de toute manière pas pu retirer de son emprise aux vues de la rapidité et de la dextérité avec laquelle il avait honteusement commis son crime. La sève grisante, ruisselant toujours dans ses canaux sanguins, parlait à sa place. Un état de semi-conscience auquel il n'était guère promis, qui ne s'avouerait vaincu qu'après un long moment. La nuit avait été longue, la journée le serait encore plus.
Mais elle serait en sa compagnie.

- Je... Je n'ai aucun souvenir de n-n-n-notre liaison, Penny. Veux-tu... Veux-tu bien me le p-p-pardonner.

À l'accent surpiqué, au négligé que rendait le résultat final, le cynisme presque doux et compatissant se suintait comme s'il n'y avait pas eu d'autres façons plus douces de demander des explications. Les règles ne tenaient plus. Ne restait qu'une extrême sensation de vide, de lassitude, d'impudicité. Le même sentiment d'après amour, chair contre chair, aise du ravissement.
Le sourire qu'il aborda était le plus triste sourire qui pouvait être. La voix se changea en un murmure, proche de l'idiome des steppes, plainte imperceptible à celui qui n'est pas dans la confidence. La seule concernée était en face de lui. Beauté froide et fragile malgré l'acier qui la façonne. Lueur platine et mordorée, couchée par le soleil, température glaciale de son corps, peinte par la lune.

- ... Raconte-moi, je t'en prie...

Spoiler:
 


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Dernière édition par Tyee H. L. Daendels le Lun 13 Jan 2014 - 9:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Déliés. {Penny} Jeu 5 Sep 2013 - 13:57



Ft. Tyee H. L. Daendels


❥ Déliés.
Elle avait craint qu'il ne se souvienne pas de la soirée de la veille. Que son esprit ait occulté ce moment qui l'avait fait finir dans ce lieu habité par tant de malheurs. Disparus, les instants nouveaux passés entre eux. Inexistante, la conversation qu'ils avaient suivi ensemble. L'appréhension était présente alors qu'elle attend impatiemment la sortie du malade. Le langage n'était pas son domaine. L'action avait sa préférence. Mais même ainsi, la jeune femme ne savait comment se comporter face à un visage familier qui ne vous reconnaissait pourtant pas. Certaines convenances manquaient à son éducation. Certaines coutumes ou habitudes lui échappaient toujours. La faute n'incombait à personne.  Ses parents avaient été bons, aimants. Son oncle était resté patient et de bons conseils. Le monde avait simplement tourné autrement pour elle que pour les autres jeunes gens de son âge. Ses buts, différents, son aspiration, bien complexe. Il était évident alors, que sa réaction face aux non-souvenirs de l'autre aurait été disproportionnée. Sans doute aurait-elle était perdue si le jeune homme du concert ne l'avait pas reconnu. Sans doute aurait-elle fui.

La raideur, la douleur se lisait en lui. Sa nuit avait du être longue. Le réveil brutal. Faire face à la soirée pouvait également être en cause. Elle allait devoir être patiente, prudente et calme. Une aptitude dont elle se savait dotée mais qui ne la représentait pas. L'évidence alors. Mieux valait reconduire. Le laisser seul. Lui offrir tranquillité et apaisement. Elle aurait voulu éviter le trajet. Qu'il n'ait pas à attendre, pas à se retrouver confiner ainsi alors que sa matinée avait été peu agréable.

Hésitant. Peut-être victime d'un assaut de questions. Ou d'autre chose. Un fin sourire apparut sur ses lèvres. Encourageant, invitant. La gêne pouvait être de rigueur. Il fallait la chasser. Ne pas l'entretenir alors qu'ils avaient su parler hier. La laisser partir comme elle avait disparu lorsque la jeune femme avait eu cette vue imprenable sur la scène. Ils avaient été assez proches pour qu'elle s'établisse sur ses fortes épaules le temps d'une fin de concert. Le gêne ne pouvait être de mise.

Une réponse franchit la barrière de ses lèvres à laquelle le sourire de Penny donna la réplique. « Ils le sont. » Elle posa sa main sur son bras. Chaud, rassurant, bien vivant qui convainc enfin que l'autre est raisonnablement en bonne santé. « Ne t'en fais pas. Je tiens à la praticité du véhicule avant son esthétique. D'autant plus lorsqu'il me sert aussi au travail. » Ses yeux se fixèrent sur son visage. La taille semblait être un sujet sensible, difficile à accepter. Ou alors était-ce ce qu'on avait pu lui dire auparavant. Son regard croisa le sien. Baisser les yeux ou rester de marbre. Le cou cambré dans sa direction, elle le regarda simplement. Lui laissant le choix des décisions et des actions. Gêne. Encore. Elle crut le percevoir.

Cet homme était surprenant. Tout en lui était détonant de particularité et de singularité. L'homme dans son individualité. Penny n'était pas mal à l'aise. Et pourtant rien en lui ne ressemblait aux autres hommes qu'elle avait croisé. Le premier élément de comparaison qui lui vint fut sans doute Connor et elle dut noter l'absence de ressemblance. Ce n'était pas physique, c'était autre chose. Une différence qui leur donnait à chacun leur valeur. Une différence que la jolie blonde apprécia. Elle n'était pas mal à l'aise, simplement étonnée par son attitude semble-t-il naturelle. Un étonnement qui progressa aussi vite qu'il lui saisit la main et apposa ses lèvres. Ses yeux rirent un peu lorsqu'elle réalisa qu'il s'agissait là d'un effet secondaire de son passage à l'hôpital. Elle ne douta plus qu'il était la proie de liquides diverses, de molécules persistantes ruisselant encore dans tout son être.

Son air changea. La sentence tomba. La respiration de la jeune femme se stoppa un instant. Mais à la vue d'un sourire qui n'avait rien d'enchanté, que revêtait celui qui demandait le pardon, elle ne put que retrouver un petit sourire. Gênée. Une habitude maintenant. Son regard chercha le sien alors que son murmure perçait le silence quelque peu mensongé qui s'était établi à l'instant.

« Est-ce que … tu te souviens de moi ? » Clair, aigu, tremblant. Un ton qu'elle espérait cacher au mieux mais qui se ressentait tout de même dans ses mots. Elle était dans l'attente du réponse. Redoutant tout autant de l'entendre. Pourquoi donner tant d'importance à cette rencontre ? Elle aurait pu simplement en rester là. Lui dire qu'il n'y avait rien eu d'important et que chacun pouvait continuer sa vie de son côté. Mais la soirée avait été belle et pour Penny, ça avait été un bon moment passé en la compagnie d'une personne étonnante, inattendue et tout autant agréable.

« Je te propose de quitter cet endroit désagréable. Et si tu le souhaites toujours, je te raconterai. » Elle avança. Demande implicite pour que d'autres pas suivent les siens. La voiture n'était pas loin.

« Chez moi alors ? » Une main hésitante dans les filins blonds. Sentiment fugace de ne pas être à sa place. D'en faire trop, ou pas assez. Chez elle. Il l'avait proposé en premier. Elle avait renchérit. Ce n'était pourtant pas ordinaire. Mais rien dans cette rencontre ne l'était vraiment. Et il s'agissait simplement de le convier dans un environnement autrement moins hostile que l'hôpital. Être à l'aise, pour pouvoir lui raconter leurs moments de la veille.




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Dernière édition par Penny E. Ribbs le Mar 10 Déc 2013 - 7:53, édité 1 fois
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Tyee

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MessageSujet: Re: Déliés. {Penny} Dim 29 Sep 2013 - 21:47


Déliés.
Je viens de cracher du feu.
Je viens de souffler des flammes, dans les étoiles grises de la plage. ━ Elisabeth Ebory.

Sa main.
Sa main était brûlante.

Des mots. Quand le monde tourne grâce à leur action, leur temporalité semble s'effriter, s'essouffler, et n'a jamais été aussi vivante. L'univers restreint, résumé à quelque effluves dermiques, souffles rythmés au son des battements d'une pompe à sang emballée. La raison importe peu lorsqu'elle se fait absente. Les ébats n'ont guère besoin de pondération. Tremblantes, les intentions de chacun. Timides, les ondulations. Ceux-là n'ont pas pour habitude d'être courbés. Un corps droit, des droites entre leurs prunelles, le chemin le plus court pour ne pas avoir à subir l'ove évanescente de leurs soupirs éthérés. Articulations labiales dispensées de tout commentaire, elle était belle dans son silence et lui à l'aise dans la danse. C'est dans les murmures qu'ils se complaisent, dans le mutisme qu'ils s'apprécient. L'idiome blessant comme il ne saurait le décrire. Certaines créatures n'ont pas besoin de paroles pour s'entendre. Tout est dans le regard. Dans le contact. Dans l'instinct. Loup paisible lové auprès de Dame Neige, de ses flancs poudreux, au repos sans nul doute bien mérité. Protecteur protégé à son tour, une caresse pour l'endormir suffisait. La confiance qu'il lui accordait relevait de la foi. Il savait ce qu'était le divin, il voyait à présent l'angélique, répondant au doux nom de Penny.
Pas besoin de dire quoi que ce soit. D'elle-même, l'étreinte sur son avant-bras prit fin. À regret. L’œil la pleura, l'instinct s'en remis sans trop grande peine. Il la savait proche, il la savait en sécurité. L'essentiel à ce stade. Puis vint l'interrogation. Quelques palabres sensées, déchirantes. Comme s'il était possible d'oublier ce regard. Ce sourire. Cette voix. Penny n'était pas quelconque. Ni de visage, ni de manières, certainement pas de passé. Il n'y a qu'avec des histoires à conter que l'on peut afficher un sourire aussi romanesque. Il pouvait tout contenir. Tristesses, joies, frayeurs, surprises. Tout ce qu'elle avait vécu se lisait sur ses lèvres dans un capharnaüm discordant, imprécis à souhait. Le poids d'une vie qui ne peut se transmettre autrement que par ce qui n'est pas maîtrisé. Et rien n'est plus vagabond qu'un sourire. On ne les oublie pas, pas quand ils nous sont adressés. Tyee ne pouvait les oublier. Il les rendait. Mimétisme travesti qui les satisfaisait. Envers et contre tout.

Il n'y voyait que mélancolie. Elle n'était rien de plus qu'une naïade enchaînée par les ronces de l'amertume qui étaient venues boire les larmes vénéneuses de son foyer aqueux. Ce sourire ne pouvait lui aller. Trop de tourments pour elle. Bien trop dur. Alors son bras vint la chercher dans les profondeurs de son océan de misères, et après avoir goûté à la chaleur de sa paume, elle n'eut d'autres choix qu’atterrir sur les terres calcinées du Champ de Mars qui faisait office de torse. Une main enlaçait sa taille menue, l'autre s’efforçait de garder son crâne en son creux. Vient un moment où la chaleur de son propre corps ne suffit plus ; là intervient le loup auprès de Dame Neige. Lui aussi peut tenir chaud.

- ... Bien sûr que je me souviens de toi...

L'anglais trébuchait, mais il savait qu'elle avait besoin de l'entendre, pas simplement de le deviner. Il pensait dans la langue des anciens, et le vocabulaire venait à lui faire défaut. Fait étrange, depuis le temps. Qu'à cela ne tienne. Le serrement n'abdiquerait qu'au moment où l'étau se ferait étouffant, désagréable. Le choix lui revenait de droit. Une mèche tirée de sa crinière, dans laquelle les phalanges trouvent refuge miraculeux. La saveur de sa nuque parfumée quand il menace d'y plonger le visage. Un parfum élaboré, qui devait sans doute valoir son pesant de deniers. Un parfum floral.

- ... Quelle idée...

Chez elle. Oui. Cela semblait se tenir. Il n'avait rien à lui offrir si ce n'était une modeste cabane au fond d'un quartier pavillonnaire de plus en plus huppé, et il fallait qu'elle soit à l'aise. Les merveilles de la nature n'iraient pas en la séduisant, quand bien même leur pouvoir d'ensorcellement n'était plus à prouver. Il fallait simplement autre chose. Autre chose qu'il ne possédait pas, qu'il finirait bien par trouver. Ainsi, elle perdrait ce vilain faciès et ce timbre hésitant, effrayé et effrayant. Ne resterait plus que la douceur.

- Je te suis. Allons nous-en. Prise de conscience. Il n'avait aucune envie de lâcher, et il ne lâcha pas. Pas tout de suite. Chez toi. Oui.


I know. I’m very hard to talk to. I realize that. — J.D. Salinger.



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MessageSujet: Re: Déliés. {Penny} Mer 11 Déc 2013 - 14:42



Ft. Tyee H. L. Daendels


❥ Déliés.
Un mouvement esquissé, un rapprochement auquel elle ne s'attendait pas. Elle ne se dégageait pas la douceur du geste et pourtant, beaucoup savaient qu'elle n'était pas de celle qui se laissait aller. Ce n'était là qu'une marque du souvenir resté en mémoire, une confirmation à sa question, une assurance. Bien peu habile en cet instant, elle préféra ne pas agir, le laissant faire, le laissant dire. Un souffle s'échappa, comme libéré d'une cage. Il lui offrait une chaleur bienfaitrice. Son contact ne la brûlait pas. Tout juste une caresse de sensation. C'était imprévu, certainement pas dans ses habitudes. Un souffle sur son côté et un instant de calme. Il se souvenait. Penny ne bougea pas. Elle, la femme d'action, ne réagit pas, laissa passer. Aucun malaise, juste le moment et le tourbillonnement de pensées contradictoires. Une brise douce qui faisait barrage à la tempête qui vivait en elle. Il se souvenait. Ses mots avaient accroché comme si un défaut de langage existait chez lui mais elle ne retenait de cela que son contenu. Elle n'aurait pas à refaire les présentations, il n'avait pas oublié. D'un côté, ça aurait peut-être été préférable et chacun serait reparti à sa vie, elle l'aurait raccompagné chez lui et c'était tout. Mais sa mémoire ne lui faisait pas défaut et la discussion s'imposait sans doute.

Ils allaient devoir bouger et partir, simplement monter dans la voiture, prendre la route. Elle avait proposé. Il n'était pas contre. Toujours proches, la malaise refit surface. Et elle s'éloigna. Elle se détacha de l'emprise qu'il pouvait avoir. Elle ne voulait pas le vexer encore moins lui donner envie de fuir mais elle n'était pas de celles que les marques d'affections satisfaisaient, du moins était-ce ce qu'elle croyait dur comme fer, certaine de pas être faite pour ça. Trop sauvage, indépendante. Mais tout à chacun à besoin de son lot de gentillesse, de tendresse, elle l'apprendrait peut-être un jour. Pour rattraper sa conduite et l'intégrer à ses actions, elle trouva simplement à répliquer : « Alors en voiture Monsieur Daendels. » Agrémenté d'un petit sourire vite caché par sa position, dos à l'homme, concentré sur sa tâche qui était d'ouvrir la portière. Elle le laissa se diriger du côté passager, s'installant tranquillement, soufflant un peu de cette scène presque surréaliste pour elle, se sachant à l'abri des regards et de celui de Tyee, contournant encore le véhicule.

« De quelle partie de la soirée te souviens-tu ? » Sa voix résonna dans l'habitacle alors même que Tyee s'installait. Trop impatiente ou toujours anxieuse, elle le questionna sans plus attendre. Il aurait sans doute l'envie soudaine de s'enfuir sous le coup des interrogations qui pleuvaient dans l'esprit de Penny et qu'elle ne saurait refoulé encore longtemps. « Ça t'arrive souvent ce genre de malaise ? Tu as quelqu'un prévenir que tu es sorti de l'hôpital ? » Intérêt pour le personnage et question innocente à poser. La jeune femme avait obtenu diverses renseignements mais les données relationnelles ne figuraient bien sûr pas dans un dossier. Il pouvait tout aussi bien avoir une petite-amie, une femme, une mère, un père … peu importe, quelqu'un qui s'inquiéterait pour lui. Une curiosité mais aussi une envie de le connaître.




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MessageSujet: Re: Déliés. {Penny} Lun 13 Jan 2014 - 9:40


Déliés.
... Tu viendrais avec moi ? C'est vrai ? tu me le promets ?! Si tu ne tiens pas ta promesse, si jamais tu me trahis encore une fois, je te tue. ━ Inio Asano.

Elle était laide lorsqu'elle faisait ça.

Oui, retourne-toi, vas-t-en. Fuis vers ton volant et ne te montres plus aussi sale, aussi hideuse. Elle qui aurait pu vendre son regard contre un sourire sincère et qui n'attendait pas une journée pour devenir parjure. Elle qui devait rayonner et se contenter de faner, de faire faner aux alentours tous les organismes qui dépendaient d'elle. Lui, en l'occurrence. Qui feint la fatigue alors qu'il se savait simplement déçu. Il n'avait rien à dire parce que ce n'était pas à lui de parler. Inconnus parmi les visages qu'elle sauve de la noyade, main d'acier et gant de velours.
Oui, qu'elle s'en aille. Qu'elle lui fasse grâce de ce faciès crève-cœur. Qu'il n'ait pas à souffrir sa douleur. Que chacun assume ses actes et évolue comme bon lui semblait sans se soucier de ses pairs, à l'instar de cette vie, à l'instar de ce monde. Même la steppe n'y réchappait pas. Et Tyee osa croire qu'il n'était pas fait pour vivre sur cette planète. Que les choses ne lui iraient jamais et qu'il n'avait plus sa place. Comme elle.
Telle tristesse n'est pas de coutume. Ne devrait pas l'être.

Elle avait raison. La voiture s'adapterait sans mal à sa morphologie. Peut-être pas parfaitement, mais suffisamment pour ne pas l'obliger à courber l'échine. Aucune envie de le faire. Lever la tête, paupières closes, face première contre le soleil. Non, pas elle. Elle ne brillait plus une fois disparue derrière l'opaque de la tôle. Un genou à terre et les dernières retouches apportées à son propre confort. Entrer, essuyer son assaut verbal avec peine, baisser la nuque. Étendre ses jambes au mieux, encore un peu à l'étroit, rien de grave. La laisser conduire. L'oreille contre la vitre une fois la portière fermée. Tuant un soupir à la source avant qu'il ne s'enfuit. Prenant garde à ne pas s'endormir.

- Qu'en c-c-cas de grosse fatigue, en général. Quand je bois, ap-p-paremment. Un temps. Le temps de savoir qui prévenir. Ce qu'il aurait du faire aujourd'hui, l'emploi du temps remis en question. Le lycée. Il faut... Que je p-prévienne le lycée. Et je devais... Je devais t-téléphoner à l'étranger. Je crois.

Non. Tu ne sais jamais rien en ce qui concerne l'étranger. Tu ne te souviens jamais de rien, n'est-ce pas ?
Sueurs froides. Un album en fond sonore, sans doute.

- Depeche Mode, ce qu'on entend, non ?


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MessageSujet: Re: Déliés. {Penny} Ven 2 Mai 2014 - 10:41

« Bonjour,
Nous avons constaté que le sujet suivant n'a pas reçu de réponse depuis un moment, nous vous laissons jusqu'au 20 mai sinon, le sujet sera verrouillé.
Merci de votre compréhension. »
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MessageSujet: Re: Déliés. {Penny}

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